Méthodologie
Ce que nous mesurons, et ce que nous ne mesurons pas
Le dispositif qualifie territorialement un risque à partir d'une veille supervisée. Il n'émet aucune prédiction certaine ni recommandation automatique de souscription : l'interprétation métier reste indispensable.
- Objet et périmètre
- Sources
- Qualification des épisodes
- Construction de l'indice
- Construction du zonier
- Incertitude
- Gouvernance
- Limites d'usage
Objet et périmètre
Les indicateurs portent sur les émeutes et mouvements populaires susceptibles d'entraîner des dégradations de biens : incendies de véhicules, dégradations de bâtiments publics et de commerces, pillages, affrontements. Ils ne mesurent ni l'opinion, ni la conflictualité sociale en général, ni la sinistralité assurantielle réelle, qui relève des données propres à chaque porteur de risque.
Sources
La veille agrège des flux de presse et de dépêches, complétés par des requêtes ciblées sur des signaux faibles. Les sources institutionnelles disponibles sont mobilisées lorsqu'elles existent. Les articles sont dédupliqués et seuls les items pré-filtrés lexicalement sont soumis à une extraction structurée.
Qualification des épisodes
Chaque item retenu est analysé par un modèle de langage qui en extrait une structure normalisée : commune, nuit concernée, intensité, biens touchés, déclencheur, phrase source justificative. Cette extraction alimente les mêmes tables que l'historique, ce qui garantit la cohérence dans le temps. Un contrôle humain valide ou invalide les extractions ; les cas ambigus font l'objet d'une validation renforcée.
Le dispositif est un pilote supervisé, pas un automate en roue libre. Une extraction erronée peut être corrigée par un administrateur, et cette correction est tracée.
Construction de l'indice
L'indice de tension sociale, sur une échelle de 0 à 100, combine une composante « émeutes » — qui pilote seule les valeurs hautes — et une composante « signaux faibles » qui sert d'alerte précoce et dont la contribution est plafonnée. Le calcul repose sur des moyennes exponentielles pondérées par l'intensité des événements. Les seuils 30, 60 et 85 séparent quatre niveaux : situation contenue, vigilance, alerte, crise.
Contrôle de robustesse : un épisode historique de forte mobilisation mais à dégâts quasi nuls sur les portefeuilles suivis ne doit pas déclencher de projection d'impact. Une tension élevée seule ne suffit jamais ; des dommages matériels confirmés sont nécessaires.
Construction du zonier
L'unité territoriale est la commune, agrégée selon le niveau de zoom. Le classement en trois zones (Z1 aggravée, Z2 sensible, Z3 diffuse) s'appuie sur la fréquence et l'intensité observées des épisodes. La révision est périodique ; tout passage d'une zone à l'autre est daté et documenté.
Incertitude
Les indicateurs sont accompagnés de fourchettes et de niveaux de confiance. Les données manquantes sont signalées comme telles plutôt que comblées. Des corrections a posteriori peuvent intervenir lorsque de nouvelles informations sont disponibles ; elles sont journalisées.
Gouvernance
Chaque publication est versionnée : version du zonier, du collectif de référence, des paramètres et du code. Un rapport généré épingle un instantané figé, ce qui le rend rejouable à l'identique. Un journal des évolutions et une gestion des incidents méthodologiques complètent ce cadre.
Limites d'usage
- Absence de prédiction certaine : le dispositif qualifie, il n'annonce pas.
- Absence de recommandation automatique de souscription.
- Nécessité d'une interprétation métier par l'utilisateur.